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Le Bus 2027, la méthode

Ce que c'est, ce que ce n'est pas

Le bus mesure la distance entre vos réponses et les votes des sept familles politiques de l'Assemblée nationale. Ce n'est ni un sondage, ni un conseil de vote, ni une lecture des programmes : un parti n'applique jamais tout son programme, mais ses votes sont publics et datés. Le résultat vaut pour les 26 questions posées, pas pour toute la politique.

D'où viennent les données

Du fichier des scrutins publics de la XVIIe législature, publié en open data par l'Assemblée nationale sous licence ouverte, lu jusqu'au scrutin du 4 novembre 2026 (positions recalculées le 7 novembre 2026), et du fichier officiel des amendements, qui donne l'exposé de chaque amendement quand il est publié. Pour chaque vote, nous utilisons le décompte pour, contre et abstention de chaque groupe, jamais le champ « position majoritaire » du fichier, que nous avons trouvé contraire aux décomptes dans environ 5 % des cas.

La méthode, une grande question par sujet et tous les votes qui l'ont concernée, est celle du livre Le RN contre les Français (Bon Pote, Payot, 2026), que nous appliquons ici à toutes les familles. L'ordre des familles sur la ligne, de gauche à droite, est celui qu'utilise Leurs Votes, l'outil de Bon Pote sur les données de Datan.

Les sept familles

Une famille est un groupe de l'Assemblée, ou plusieurs groupes qui votent ensemble plus de 85 % du temps.

  • La France insoumise — groupe LFI-NFP, 71 députés.
  • Communistes — groupe GDR (PCF et ultramarins), 18 députés.
  • Écologistes — groupe Écologiste et Social, 39 députés.
  • Socialistes — groupe Socialistes et apparentés, 69 députés.
  • Centre — Renaissance, Démocrates, Horizons, LIOT, 190 députés.
  • Droite républicaine — groupe DR (Les Républicains), 47 députés.
  • Rassemblement national — groupes RN et UDR, 140 députés.

Sur la ligne dessinée, l'espace entre deux familles voisines suit leur désaccord mesuré sur les 1 309 scrutins de la législature où les familles se divisent (au moins 100 votants, au moins deux familles de chaque côté), à la racine carrée, pour que le fossé entre la gauche et le centre reste le plus large sans vider la ligne. Deux familles qui votent presque toujours pareil se touchent. Mesuré : PCF 0, LFI 10, Écolos 18, PS 34, Centre 67, LR 85, RN 100.

Comment les 26 questions ont été tirées des votes

  1. Les 1 309 scrutins où l'Assemblée s'est divisée ont été lus un par un, à partir du texte de l'amendement ou du projet, et rangés en huit parties : fiscalité et partage des richesses ; protection sociale, santé, travail ; écologie, agriculture, énergie ; sécurité, justice, immigration ; institutions et territoires ; société, libertés, fin de vie ; international, défense, Europe ; économie et entreprises.
  2. Dans chaque partie, les sujets qui reviennent le plus souvent sont devenus une grande question, posée en mots simples et sans formule qui oriente la réponse. Pour qu'un « oui » donné par habitude ne pousse pas d'un côté, 13 questions sont posées de sorte que « oui » aille dans le sens de la gauche, et 13 dans le sens du centre et de la droite.
  3. Chaque vote du sujet est orienté : voter pour va-t-il dans le sens du « oui » à la question, ou du « non » ? Ce sens est écrit sous chaque sujet de votes, et chaque vote renvoie à sa page officielle.
  4. Les votes dont le contenu n'est pas publié (le fichier officiel ne donne pas le texte de certains amendements) et ceux qui ne répondent pas à la question ont été écartés, avec leur raison, dans nos fichiers de travail. 600 votes restent, rattachés aux 26 questions ; les autres sont surtout des votes de procédure et des sujets trop rares pour une question.
  5. Les pièges sont relus un par un. Un vote contre peut vouloir dire « pas assez » plutôt que « contre l'idée », et un amendement de substitution peut faire voter la gauche contre une taxe qu'elle réclame. Quand une famille vote à l'envers de sa ligne sur le reste du sujet (contre sa position sur au moins trois quarts des autres votes), le vote est signalé et l'exposé de l'amendement est lu : une substitution ou un vote technique est écarté ; un vote contre par insuffisance (la famille voulait plus) est compté comme une absence pour cette famille ; une position réelle est gardée. Ces décisions sont écrites avec leur raison dans nos fichiers de travail. Pour autant, le bus mesure des votes, pas des intentions : une famille qui vote pour abroger les zones à faibles émissions est comptée contre ces zones, quelle que soit la raison qu'elle donne.
  6. Pourquoi aucune question ne porte sur la dette. L'Assemblée ne vote jamais « pour » ou « contre » la dette : elle vote chaque impôt et chaque dépense, un amendement à la fois. Nous avons relu les 140 amendements budgétaires qui restaient sans texte : 93 sont des hausses d'impôts (sur les sociétés, les niches fiscales, le crédit d'impôt recherche, les superprofits), votées par la gauche et refusées par le centre et les droites ; les votes sur les dépenses portent presque tous sur les dotations aux collectivités et sur la santé. La façon dont chaque famille veut réduire le déficit se lit donc dans les questions sur les fortunes, les entreprises, les hauts revenus, l'hôpital et les retraites. Quant aux votes sur l'ensemble d'un budget ou sur son article d'équilibre, ils mesurent le soutien au gouvernement du moment, pas une position sur la dette : en 2024 la gauche a voté la première partie du budget qu'elle avait réécrite et le centre l'a rejetée ; en 2025 c'est l'inverse. Ces votes ne sont pas comptés.
  7. L'enjeu de chaque question est écrit à partir de sources publiques (statistiques, rapports d'institutions, décisions de justice), relues une par une ; les arguments du oui et du non sont ceux que défendent les deux camps.

Comment la part d'une famille est calculée

Sur un vote, une famille est comptée « pour » si plus de la moitié de ses votants ont voté pour, « contre » sinon, et absente si moins de 40 % de ses députés étaient présents (25 % sur un amendement) ou si elle s'est abstenue en bloc. Sa part sur une question est le nombre de ses votes qui vont dans le sens du oui, divisé par le nombre de votes où elle s'est exprimée. C'est un ordre de grandeur sur tous les votes du sujet, pas un vote isolé : un vote tactique ne fausse plus rien.

Une part calculée sur moins de 10 votes est affichée hachurée et comptée avec prudence (voir ci-dessous).

Comment votre place est calculée

Votre réponse vaut +1 (oui), +0,5, −0,5 ou −1 (non). La position d'une famille sur une question est sa part, ramenée de −1 (jamais oui) à +1 (toujours oui). La distance entre vous et elle sur cette question est l'écart entre les deux, ramené entre 0 et 1. Quand une famille a moins de 10 votes, sa distance est tirée vers la mi-distance à proportion des votes qui manquent ; sans aucun vote, elle est à mi-distance, ni proche ni loin. Une question « sans avis » ne compte pas.

La note d'une famille est la somme de ses accords avec vous (1 moins la distance), sur le nombre de questions auxquelles vous avez répondu. Le bus ne désigne aucune famille : les sept notes sont montrées dans l'ordre de la ligne, et il faut au moins 10 réponses pour être situé.

Votre place sur la ligne, de 0 à 100, est le résultat du bus : chaque famille vous attire à proportion de sa note, et l'attraction double tous les 5 points. Votre place est la moyenne des places des familles, pondérée par ces attractions. Quelqu'un qui répond comme une famille se retrouve à côté d'elle ; quelqu'un de partagé se retrouve entre deux familles ; des réponses au hasard tombent vers le milieu de la ligne. Nous le vérifions par des tests automatiques à chaque mise à jour.

Les limites

  • Une seule législature, depuis octobre 2024, dans une Assemblée sans majorité où beaucoup de votes sont tactiques.
  • Les sujets n'ont pas tous le même poids : 8 questions reposent sur 20 votes ou plus, 7 sur moins de 10. Sur ces dernières, toutes les parts sont hachurées.
  • L'assiduité est faible : un amendement engage souvent un quart des députés d'un groupe, d'où les seuils de présence.
  • Un vote contre un texte ne dit pas toujours « contre l'idée » : il peut viser un détail, un calendrier ou le déposant. Lire tous les votes d'un sujet limite ce biais sans l'effacer.
  • Le centre réunit quatre groupes qui ne votent pas toujours ensemble ; les communistes, 18 députés, sont souvent absents des votes sur amendements.
  • La ligne est une seule dimension : sur l'international, l'ordre des familles se retourne, et la page de la question le montre.

Toutes les sources

Les votes : scrutins publics, amendements et députés en exercice de la XVIIe législature, open data de l'Assemblée nationale, licence ouverte.

La méthode et l'ordre des familles : Le RN contre les Français, Bon Pote, Payot, 2026 ; Leurs Votes (Bon Pote, BP Media) sur les données de Datan ; la théorie du bus et l'esprit des questions de valeurs doivent aussi à Un commun accord.

Les enjeux : 203 documents, cités sous chaque question, venant de 82 institutions et médias, dont 75 secondes, Acteurs publics, AG2R La Mondiale, Agence Europe, Anses, ARS Nouvelle-Aquitaine, Assemblée nationale, Banque des Territoires, Brut avec l'AFP, Business AM, Club des juristes, Commission européenne.

Signaler une erreur

Un vote mal lu, un sens inversé, une question qui trahit ses votes, une source douteuse : écrivez-nous à contact@petitpelican.fr. Les parts sont recalculées à chaque mise à jour du fichier officiel.