Écologie, agriculture, énergie
Faut-il faciliter le stockage de l'eau et alléger les redevances payées par les agriculteurs et les industriels ?
L'eau se raréfie. Les ménages paient l'essentiel des redevances, l'agriculture consomme plus de la moitié de l'eau qui n'est pas rendue au milieu, et le stockage pour l'irrigation divise.
Qui a voté oui, qui a voté non ?
Depuis octobre 2024, les députés ont voté 14 fois sur des textes qui touchent cette question. Chaque barre montre à quelle fréquence une famille a voté oui, c'est-à-dire pour alléger les redevances, stocker plus. Barre pleine : toujours oui. Barre vide : toujours non.
- Communistes : a voté oui 0 fois sur 1, soit 0 %, peu de votes, à lire avec prudence
- La France insoumise : a voté oui 0 fois sur 14, soit 0 %
- Écologistes : a voté oui 1 fois sur 14, soit 7 %
- Socialistes : a voté oui 0 fois sur 7, soit 0 %, peu de votes, à lire avec prudence
- Centre : a voté oui 4 fois sur 8, soit 50 %, peu de votes, à lire avec prudence
- Droite républicaine : a voté oui 14 fois sur 14, soit 100 %
- Rassemblement national : a voté oui 14 fois sur 14, soit 100 %
- Lire :
- La France insoumise a voté oui 0 fois sur 14, soit 0 %.
- Hachuré :
- moins de 10 votes, à lire avec prudence.
- Vous :
- vous avez répondu « Oui ». Les familles qui ont voté comme vous : Centre, LR et RN. vous avez répondu « Plutôt oui ». Les familles qui ont voté comme vous : Centre, LR et RN. vous avez répondu « Plutôt non ». Les familles qui ont voté comme vous : PCF, LFI, Écolos et PS. vous avez répondu « Non ». Les familles qui ont voté comme vous : PCF, LFI, Écolos et PS. vous êtes sans avis. Cette question ne compte pas dans votre place sur la ligne.
Voir les 14 votes
Ces 14 votes se rangent en 4 sujets. Pour chacun, qui a voté oui (alléger les redevances, stocker plus) et qui a voté non, le plus souvent. Ouvrez un sujet pour voir chaque vote.
Le prix de l'eau pour industriels et agriculteurs · 5 votes Oui : LR et RN. Non : LFI, Écolos, PS et Centre.
Amendements au budget 2026 : étaler, retarder ou plafonner les redevances d'eau payées par les entreprises, ou au contraire relever les tarifs des prélèvements. Voter pour les allègements (3867, 3868, 3869), c'est aller dans le sens du oui ; voter pour la hausse des tarifs (3874, 3875), c'est aller dans le sens du non.
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17 novembre 2025 — Étaler sur cinq ans la hausse des redevances d'eau payées par les industriels aux agences de l'eau.
Rejeté par 94 voix contre 98. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI, Écolos, PS et Centre. Absents : PCF.
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17 novembre 2025 — Ne faire payer la nouvelle redevance sur l'eau qu'à partir de 2025 pour les entreprises, même pour de l'eau facturée plus tard.
Rejeté par 95 voix contre 100. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI, Écolos, PS et Centre. Absents : PCF.
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17 novembre 2025 — Plafonner le volume d'eau potable soumis à redevance pour les industriels et agriculteurs, ce qui réduit leur facture.
Rejeté par 81 voix contre 107. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI, Écolos, PS et Centre. Absents : PCF.
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17 novembre 2025 — Relever les planchers et plafonds de la redevance sur les prélèvements d'eau, pour irriguer ou refroidir, afin de responsabiliser les usagers.
Rejeté par 46 voix contre 120. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF et PS.
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17 novembre 2025 — Fixer des tarifs minimaux non nuls pour la redevance sur les prélèvements d'eau des industriels et agriculteurs.
Rejeté par 43 voix contre 121. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF et PS.
Faire payer les rejets de PFAS · 4 votes Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS.
Amendements au budget 2026 sur la redevance des polluants éternels : la rendre applicable ou l'étendre aux produits (voter pour, c'est aller dans le sens du non), ou la reporter d'un an (voter pour, c'est aller dans le sens du oui).
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17 novembre 2025 — Reporter d'un an l'entrée en vigueur de la redevance sur les rejets de PFAS, les polluants éternels, dans l'eau.
Rejeté par 108 voix contre 138. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF, PS et Centre.
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17 novembre 2025 — Rendre applicable la redevance sur les rejets industriels de PFAS dans l'eau, en précisant son calendrier et son fonctionnement.
Adopté par 145 voix contre 95. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI, Écolos, PS et Centre. Absents : PCF.
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17 novembre 2025 — Faire payer une redevance de pollution diffuse aux produits contenant des PFAS, micropolluants et microplastiques.
Rejeté par 59 voix contre 128. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF.
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19 novembre 2025 — Voter pour crée une taxe de 5 euros par kilo de PFAS (polluants éternels) pour financer la dépollution.
Rejeté par 76 voix contre 169. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF.
Les retenues d'eau agricoles · 3 votes Oui : LR et RN. Non : LFI et Écolos.
Amendements à la loi d'urgence agricole de 2026 sur les bassines : garder les réunions publiques, encadrer le stockage ou le réserver aux cultures pour l'alimentation humaine. Voter pour ces amendements, c'est aller dans le sens du non.
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21 mai 2026 — Maintient les réunions publiques obligatoires pour les projets de stockage d'eau et de retenues d'irrigation.
Rejeté par 48 voix contre 90. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF, PS et Centre.
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21 mai 2026 — Réserver la dispense de réunion publique aux retenues d'eau qui irriguent des cultures destinées uniquement à l'alimentation.
Rejeté par 33 voix contre 117. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF, PS et Centre.
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21 mai 2026 — Réserve les projets de stockage d'eau (bassines) aux exploitations dont les cultures nourrissent exclusivement les humains.
Rejeté par 41 voix contre 115. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF, PS et Centre.
Planification et moyens des agences de l'eau · 2 votes Oui : Écolos, LR et RN. Non : PCF, LFI et PS.
Supprimer les plans de gestion de l'eau prévus par la loi de février 2026 sur l'eau potable (voter pour, c'est aller dans le sens du oui) ; relever de 100 millions d'euros le plafond des recettes des agences de l'eau dans le budget 2027 (voter pour, c'est aller dans le sens du non).
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12 février 2026 — Supprimer les nouveaux plans de gestion de l'eau prévus par la loi, jugés superflus face aux schémas existants.
Adopté par 160 voix contre 59. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Écolos, LR et RN. Non : LFI et PS. Absents : PCF et Centre.
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4 novembre 2026 — Relever de 100 millions d'euros le plafond des recettes des agences de l'eau et l'indexer sur l'inflation, pour financer leurs actions.
Rejeté par 59 voix contre 98. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : PCF, LFI et Écolos. Absents : PS et Centre.
Comprendre l'enjeu
Qui consomme l'eau 57 % de l'eau consommée
Les activités humaines prélèvent près de 32 milliards de mètres cubes d'eau par an, dont la moitié sert à refroidir les centrales électriques. Mais une partie de l'eau prélevée est rendue au milieu, pas l'autre. L'agriculture ne représente que 10 % des prélèvements, mais 57 % de l'eau réellement consommée, c'est-à-dire non rendue au milieu, et jusqu'à 80 % en été. Seuls 7 % des terres agricoles sont irrigués.
Source : Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
Qui paie l'eau 75 % payés par les particuliers
Les agences de l'eau, qui financent la dépollution et les économies d'eau, vivent de redevances payées par les usagers. Selon la Cour des comptes, les particuliers financent 75 % d'une de ces redevances alors qu'ils prélèvent moins de 17 % de l'eau. En 2013, ménages, industriels et agriculteurs payaient respectivement 87 %, 7 % et 6 % de l'ensemble. La Cour demande une répartition plus équilibrée et une tarification qui encourage les économies.
Source : Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, la Cour des comptes réclame une baisse des prélèvements (2023) (nouvel onglet)Banque des Territoires, rapport de la Cour des comptes sur les agences de l'eau (2015) (nouvel onglet)Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)
Des budgets plafonnés 10 % des ressources des agences
Les redevances sur les prélèvements d'eau ne financent que 10 % des agences de l'eau, selon la Cour des comptes, qui les juge peu incitatives. Le projet de budget 2024 prévoyait 130 millions d'euros de recettes nouvelles de ce type : 100 millions payés par les producteurs d'énergie, 20 millions par les industriels et 10 millions par les agriculteurs qui irriguent. L'État fixe aussi un plafond aux recettes des agences, que la Cour demande de supprimer.
Source : Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)Sénat, avis budgétaire sur le projet de loi de finances pour 2024, les agences de l'eau (2023) (nouvel onglet)
Les polluants éternels 100 € par 100 grammes rejetés
Les PFAS sont des substances chimiques utilisées dans les emballages, les poêles ou les mousses anti-incendie. Elles se dégradent très lentement, d'où leur nom de « polluants éternels ». L'Anses en a trouvé 19 sur 35 recherchées dans l'eau du robinet, le plus souvent sous les limites. Une loi de février 2025 fait payer 100 € par 100 grammes rejetés dans l'eau par les usines ; son début a été reporté au 1er septembre 2026.
Source : ARS Nouvelle-Aquitaine, PFAS : ce qu'il faut savoir (nouvel onglet)Anses, résultats de la campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau (2025) (nouvel onglet)Banque des Territoires, rejets de PFAS : la redevance reportée à septembre (2025) (nouvel onglet)
Stocker l'eau 4,7 % de l'eau stockée
Les retenues de substitution, appelées « bassines », se remplissent l'hiver pour irriguer l'été. La France ne stocke que 4,7 % du flux annuel de ses eaux. Un rapport du Sénat juge le stockage défendable en principe, mais note des risques : évaporation, dégradation des milieux, argent public engagé. Le maïs irrigué consomme 1 000 à 3 000 mètres cubes par hectare. La Cour des comptes veut lier les aides publiques à l'irrigation à une baisse des volumes utilisés.
Source : Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)
Pour et contre Ce que disent les deux camps
Pour le oui
- Des redevances plus fortes alourdissent les coûts des industriels et des agriculteurs, qui subissent déjà la concurrence de pays aux règles plus souples.
- Stocker l'eau en hiver permet d'irriguer l'été sans tarir les rivières, et la France en stocke très peu.
- Trop de plans et de procédures ralentissent les projets ; mieux vaut simplifier que multiplier les contraintes.
Pour le non
- Ceux qui prélèvent ou polluent le plus doivent payer davantage : aujourd'hui, ce sont surtout les ménages qui financent la protection de l'eau par leur facture.
- La ressource baisse et les sécheresses se multiplient : il vaut mieux économiser l'eau et taxer les polluants éternels que dépolluer ensuite.
- Les grandes retenues captent l'eau de tous au profit de quelques exploitations ; elles doivent rester encadrées et débattues publiquement.
Nos sources
- Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- Reporterre, la Cour des comptes réclame une baisse des prélèvements (2023) (nouvel onglet)
- Banque des Territoires, rapport de la Cour des comptes sur les agences de l'eau (2015) (nouvel onglet)
- Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)
- Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)
- Sénat, avis budgétaire sur le projet de loi de finances pour 2024, les agences de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- ARS Nouvelle-Aquitaine, PFAS : ce qu'il faut savoir (nouvel onglet)
- Anses, résultats de la campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau (2025) (nouvel onglet)
- Banque des Territoires, rejets de PFAS : la redevance reportée à septembre (2025) (nouvel onglet)
- Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)
- Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)
- Les 14 votes : fichier officiel des scrutins de l'Assemblée nationale (nouvel onglet), licence ouverte, XVIIe législature ; chaque vote renvoie à sa page officielle.
- La méthode, une question par sujet et tous les votes qui l'ont concernée, s'inspire du livre Le RN contre les Français (Bon Pote, Payot, 2026), appliqué ici à toutes les familles. Toute la méthode et ses sources.