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Question 11 sur 26

Écologie, agriculture, énergie

Faut-il faciliter le stockage de l'eau et alléger les redevances payées par les agriculteurs et les industriels ?

L'eau se raréfie. Les ménages paient l'essentiel des redevances, l'agriculture consomme plus de la moitié de l'eau qui n'est pas rendue au milieu, et le stockage pour l'irrigation divise.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Qui consomme l'eau 57 % de l'eau consommée

Les activités humaines prélèvent près de 32 milliards de mètres cubes d'eau par an, dont la moitié sert à refroidir les centrales électriques. Mais une partie de l'eau prélevée est rendue au milieu, pas l'autre. L'agriculture ne représente que 10 % des prélèvements, mais 57 % de l'eau réellement consommée, c'est-à-dire non rendue au milieu, et jusqu'à 80 % en été. Seuls 7 % des terres agricoles sont irrigués.

Source : Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)

Qui paie l'eau 75 % payés par les particuliers

Les agences de l'eau, qui financent la dépollution et les économies d'eau, vivent de redevances payées par les usagers. Selon la Cour des comptes, les particuliers financent 75 % d'une de ces redevances alors qu'ils prélèvent moins de 17 % de l'eau. En 2013, ménages, industriels et agriculteurs payaient respectivement 87 %, 7 % et 6 % de l'ensemble. La Cour demande une répartition plus équilibrée et une tarification qui encourage les économies.

Source : Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, la Cour des comptes réclame une baisse des prélèvements (2023) (nouvel onglet)Banque des Territoires, rapport de la Cour des comptes sur les agences de l'eau (2015) (nouvel onglet)Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)

Des budgets plafonnés 10 % des ressources des agences

Les redevances sur les prélèvements d'eau ne financent que 10 % des agences de l'eau, selon la Cour des comptes, qui les juge peu incitatives. Le projet de budget 2024 prévoyait 130 millions d'euros de recettes nouvelles de ce type : 100 millions payés par les producteurs d'énergie, 20 millions par les industriels et 10 millions par les agriculteurs qui irriguent. L'État fixe aussi un plafond aux recettes des agences, que la Cour demande de supprimer.

Source : Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)Sénat, avis budgétaire sur le projet de loi de finances pour 2024, les agences de l'eau (2023) (nouvel onglet)

Les polluants éternels 100 € par 100 grammes rejetés

Les PFAS sont des substances chimiques utilisées dans les emballages, les poêles ou les mousses anti-incendie. Elles se dégradent très lentement, d'où leur nom de « polluants éternels ». L'Anses en a trouvé 19 sur 35 recherchées dans l'eau du robinet, le plus souvent sous les limites. Une loi de février 2025 fait payer 100 € par 100 grammes rejetés dans l'eau par les usines ; son début a été reporté au 1er septembre 2026.

Source : ARS Nouvelle-Aquitaine, PFAS : ce qu'il faut savoir (nouvel onglet)Anses, résultats de la campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau (2025) (nouvel onglet)Banque des Territoires, rejets de PFAS : la redevance reportée à septembre (2025) (nouvel onglet)

Stocker l'eau 4,7 % de l'eau stockée

Les retenues de substitution, appelées « bassines », se remplissent l'hiver pour irriguer l'été. La France ne stocke que 4,7 % du flux annuel de ses eaux. Un rapport du Sénat juge le stockage défendable en principe, mais note des risques : évaporation, dégradation des milieux, argent public engagé. Le maïs irrigué consomme 1 000 à 3 000 mètres cubes par hectare. La Cour des comptes veut lier les aides publiques à l'irrigation à une baisse des volumes utilisés.

Source : Public Sénat, la mission d'information du Sénat sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Reporterre, rapport de la Cour des comptes sur la gestion de l'eau (2023) (nouvel onglet)Cour des comptes, La gestion quantitative de l'eau en période de changement climatique (2023) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Des redevances plus fortes alourdissent les coûts des industriels et des agriculteurs, qui subissent déjà la concurrence de pays aux règles plus souples.
  • Stocker l'eau en hiver permet d'irriguer l'été sans tarir les rivières, et la France en stocke très peu.
  • Trop de plans et de procédures ralentissent les projets ; mieux vaut simplifier que multiplier les contraintes.

Pour le non

  • Ceux qui prélèvent ou polluent le plus doivent payer davantage : aujourd'hui, ce sont surtout les ménages qui financent la protection de l'eau par leur facture.
  • La ressource baisse et les sécheresses se multiplient : il vaut mieux économiser l'eau et taxer les polluants éternels que dépolluer ensuite.
  • Les grandes retenues captent l'eau de tous au profit de quelques exploitations ; elles doivent rester encadrées et débattues publiquement.

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