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Question 10 sur 26

Écologie, agriculture, énergie

Faut-il taxer davantage ou limiter les transports qui émettent le plus, comme l'avion, les jets privés, les gros véhicules et les croisières ?

Les transports sont le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. Les taxer ou les limiter protège le climat, mais renchérit des déplacements parfois sans alternative.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Un tiers des émissions 34 % des émissions françaises

En 2024, les transports ont émis 124,9 millions de tonnes de gaz à effet de serre, soit 34 % du total français, sans compter l'avion et le bateau internationaux. C'est le premier secteur émetteur. Les voitures en produisent à elles seules 53 %, devant les poids lourds (22 %) et les utilitaires légers (15 %). Avec le transport international, la part monte à 37,4 %. Les progrès des moteurs ont été en partie annulés par des voitures plus lourdes et plus puissantes.

Source : SDES (ministère de la Transition écologique), Transports et environnement en France, état des connaissances (2025) (nouvel onglet)

L'avion et le kérosène 22,1 millions de tonnes de CO2

L'avion représente 15 % des émissions des transports, vols internationaux compris. Les vols au départ de la France ont émis 22,1 millions de tonnes de CO2 en 2025, presque autant qu'avant le Covid. Sur un trajet de 100 km, un avion de court trajet émet environ 22,5 kg d'équivalent CO2, une voiture thermique 14,2 kg et un TGV 0,29 kg. Le kérosène, lui, est exonéré de taxe sur l'énergie, en application de règles internationales et européennes.

Source : SDES (ministère de la Transition écologique), Transports et environnement en France, état des connaissances (2025) (nouvel onglet)Transport & Environment France, les émissions de CO2 de l'aviation en Europe (2026) (nouvel onglet)Impact CO2, comparateur des moyens de transport (nouvel onglet)Assemblée nationale, question écrite n° 13090 sur la fiscalité du kérosène et réponse du ministère des Transports (2021) (nouvel onglet)

Les jets privés Un vol sur dix en 2019

En 2019, un vol sur dix au départ de la France était effectué en jet privé. Selon l'association Transport & Environment, ces vols émettent environ dix fois plus de carbone que les liaisons commerciales : un vol de quatre heures produit autant qu'un individu moyen en un an. La moitié font moins de 500 km. En France, le carburant des jets privés est taxé 35 à 40 % de moins que l'essence.

Source : Transport & Environment France, 1 vol sur 10 au départ de la France est un jet privé (2021) (nouvel onglet)

Les gros véhicules Près de 40 % de SUV

Les SUV, des voitures hautes et lourdes, représentaient près de 40 % des ventes de voitures neuves en 2020. Selon le WWF, ils émettent environ 20 % de CO2 de plus qu'une voiture standard. Un malus au poids existe : en 2026, il s'applique à partir de 1 500 kg, de 10 à 30 € par kilo en trop. Ce malus et celui sur le CO2 sont plafonnés à 80 000 € au total. Les voitures 100 % électriques en sont exonérées.

Source : Reporterre, d'après une étude du WWF France, le boom des SUV (2020) (nouvel onglet)Service-public.fr, taxe sur la masse en ordre de marche des voitures (2026) (nouvel onglet)

Les croisières +25 % de particules fines

Selon Transport & Environment, les 218 navires de croisière présents en Europe en 2022 ont émis autant d'oxydes de soufre qu'un milliard de véhicules. Entre 2019 et 2022, leurs émissions ont augmenté de 9 % pour les oxydes de soufre, de 18 % pour les oxydes d'azote et de 25 % pour les particules fines. À Marseille, les 75 navires accostés en 2022 ont émis deux fois plus de soufre que toutes les voitures immatriculées dans la ville ; au Havre, sept fois plus.

Source : Transport & Environment France, bateaux de croisière : Marseille et Le Havre parmi les ports les plus pollués d'Europe (données 2022) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Les plus gros pollueurs sont souvent les plus aisés : un vol privé de quatre heures émet autant qu'un individu moyen en un an, avec un carburant moins taxé que l'essence.
  • Les transports sont le premier secteur émetteur : sans toucher aux modes qui émettent le plus par personne, les objectifs climatiques ne seront pas tenus.
  • Une taxe change les choix et finance des alternatives bien moins émettrices, comme le train : sur 100 km, 0,29 kg de CO2 en TGV contre 22,5 kg en avion de court trajet.

Pour le non

  • Taxer l'avion, les camions ou les ports français fragilise les entreprises face à des concurrents étrangers, sans baisser les émissions mondiales.
  • Ces taxes pèsent aussi sur les familles, les artisans et les territoires ruraux, de montagne ou d'outre-mer, qui n'ont souvent pas d'autre choix que la voiture ou l'avion.
  • Ces secteurs paient déjà des taxes ou des quotas de CO2, et les règles de l'aérien et du maritime se décident mieux à l'échelle européenne ou mondiale.

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