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Question 12 sur 26

Écologie, agriculture, énergie

Faut-il privilégier les énergies renouvelables plutôt que de nouveaux réacteurs nucléaires ?

La France produit l'essentiel de son électricité avec le nucléaire et prévoit six nouveaux réacteurs. Faut-il d'abord investir dans le solaire et l'éolien, ou garder le nucléaire au cœur du système ?

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le mix d'aujourd'hui 68 % d'électricité nucléaire

En 2025, la France a produit 547 TWh d'électricité (un TWh équivaut à un milliard de kilowattheures). Le nucléaire en a fourni 68 %, l'hydraulique 11 %, l'éolien 9 % et le solaire 6 %. Les énergies fossiles ne pèsent que 3 %. Le solaire a gagné 8 TWh en un an, et le nucléaire a progressé de plus de 3 %. La question porte donc sur ce qu'on construit pour les années à venir.

Source : Connaissance des énergies, bilan électrique 2025 de RTE (2026) (nouvel onglet)

Les scénarios de RTE Six scénarios pour 2050

RTE, le gestionnaire du réseau électrique, a étudié en 2021 six façons d'atteindre la neutralité carbone en 2050 (émettre autant de gaz à effet de serre qu'on en retire de l'air). Trois scénarios n'ont aucun nouveau réacteur et visent 100 % d'électricité renouvelable en 2050 ou 2060. Trois autres gardent du nucléaire, entre 26 % et 50 % de la production. Tous supposent un fort essor du solaire et de l'éolien.

Source : Banque des Territoires, les scénarios de RTE (2021) (nouvel onglet)Connaissance des énergies, Futurs énergétiques 2050 de RTE en infographies (2021) (nouvel onglet)

Le coût des réacteurs Flamanville : 23,7 milliards d'euros

Le réacteur EPR de Flamanville a été relié au réseau fin 2024, avec douze ans de retard. Selon la Cour des comptes, il a coûté 23,7 milliards d'euros, contre 3,3 milliards prévus au départ. Pour les six futurs EPR2, EDF a estimé le coût à 67,4 milliards d'euros fin 2023, contre 51,7 milliards d'abord. La Cour a noté que leur financement n'était pas arrêté. Le premier n'est attendu qu'en 2038.

Source : Connaissance des énergies (AFP), la Cour des comptes sur les EPR et Flamanville 3 (2025) (nouvel onglet)Reporterre, retards et surcoûts des EPR2 (2025) (nouvel onglet)

Le coût des renouvelables 87 milliards d'euros d'engagements

L'État soutient le solaire et l'éolien par des contrats d'environ vingt ans, qui fixent le prix payé aux producteurs. Entre 2016 et 2024, ce soutien a coûté 26,3 milliards d'euros, et les contrats en cours engagent l'État pour environ 87 milliards à long terme. La Cour des comptes demande de mieux maîtriser ces dispositifs. Les renouvelables exigent aussi des réseaux renforcés, du stockage et des moyens de flexibilité.

Source : Connaissance des énergies (AFP), la Cour des comptes sur le soutien aux renouvelables (2026) (nouvel onglet)Banque des Territoires, les scénarios de RTE (2021) (nouvel onglet)

Comparer les coûts 59 à 80 milliards par an

Pour l'ensemble du système électrique, RTE chiffre le coût à 59 à 66 milliards d'euros par an avec du nouveau nucléaire, contre 71 à 80 milliards sans, jusqu'en 2060. Ces estimations datent de 2021 : les coûts ont changé depuis. Le plan énergie publié par décret en février 2026 prévoit six nouveaux réacteurs, huit en option, et des objectifs de solaire et d'éolien plus bas que dans le projet soumis à consultation.

Source : Connaissance des énergies, Futurs énergétiques 2050 de RTE en infographies (2021) (nouvel onglet)Connaissance des énergies (AFP), le décret sur la programmation de l'énergie (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Les nouveaux réacteurs coûtent de plus en plus cher et arrivent tard : Flamanville a coûté sept fois son devis, et le premier EPR2 n'est pas attendu avant 2038.
  • Le solaire et l'éolien se construisent par petits projets, sans engager des dizaines de milliards sur un seul chantier.
  • L'argent public est limité : il irait plus loin dans la sobriété, les économies d'énergie et les renouvelables.

Pour le non

  • Selon RTE, un système avec du nouveau nucléaire coûte moins cher au total, car les renouvelables demandent plus de réseaux, de stockage et de flexibilité.
  • Le nucléaire produit à toute heure, même sans soleil ni vent, et garde l'électricité française presque sans carbone.
  • Le parc actuel atteindra sa limite d'âge vers 2060 : construire maintenant assure une production stable pour les décennies suivantes.

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