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Question 13 sur 26

Écologie, agriculture, énergie

Faut-il alléger les règles environnementales et sanitaires imposées aux agriculteurs ?

Les agriculteurs jugent les règles trop lourdes, et deux lois ont cherché à les simplifier en 2025 et 2026. Les défenseurs de l'environnement et des animaux craignent un recul des garanties.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Une profession fragile 17,7 % d'exploitants pauvres

Selon l'Insee, la France métropolitaine comptait 496 365 chefs d'exploitation et coexploitants en 2020, soit 18 % de moins qu'en 2010. Leur âge moyen est de 51,4 ans, et la moitié des exploitations sont dirigées par au moins une personne de 55 ans ou plus. Les revenus sont souvent faibles : en 2020, 17,7 % des exploitants vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % de l'ensemble de la population.

Source : Insee, Transformations de l'agriculture et des consommations alimentaires (2024) (nouvel onglet)Insee, Les exploitants agricoles vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que l'ensemble de la population (2025) (nouvel onglet)

Le poids des normes Ressenti fort, preuves discutées

Les agriculteurs dénoncent une accumulation de règles et de formalités. Un juriste note que cette « densification » est réelle, mais qu'on ne peut pas conclure à une surtransposition générale du droit européen : la France a retiré certains pesticides avant l'Europe, et en a parfois protégé d'autres. Il pointe aussi des normes sociales et fiscales qui alourdissent les coûts, et des règles créées par les filières elles-mêmes, comme les labels.

Source : Club des juristes, Normes agricoles : ne passons pas à côté des choses simples (2024) (nouvel onglet)

Les terres agricoles Un département perdu en dix ans

Entre 2009 et 2019, environ 280 000 hectares de nature et de terres agricoles ont été artificialisés, c'est-à-dire bétonnés ou aménagés, soit 20 000 à 30 000 hectares par an selon un rapport du Sénat. Le rythme a ralenti : il est passé de plus de 30 000 à un peu plus de 20 000 hectares par an. Le rapport relève que l'artificialisation fait monter le prix des terres et pénalise l'installation des jeunes agriculteurs.

Source : Sénat, rapport sur l'artificialisation des sols (2022) (nouvel onglet)

Élevage et loup Seuils relevés depuis février 2026

Un décret du 2 février 2026 a relevé des seuils de contrôle : le régime d'enregistrement, plus encadré que la simple déclaration, ne s'applique plus qu'à partir de 201 vaches laitières, contre 151 avant. La loi d'urgence de 2026 autorise aussi le gouvernement à créer par ordonnance un régime environnemental propre aux élevages, et simplifie la défense des troupeaux contre le loup, estimé à 1 013 individus en 2024 par l'Office français de la biodiversité.

Source : Banque des Territoires, Élevages : le décret de simplification est paru (2026) (nouvel onglet)Assemblée nationale, adoption du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (2026) (nouvel onglet)Réussir, Combien y a-t-il de loups en France ? (2024) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Les agriculteurs perdent du temps et de l'argent dans les formalités : simplifier leur permet de produire et d'investir.
  • Des seuils et des délais trop stricts bloquent des élevages, des retenues d'eau et des installations, alors que la France veut retrouver sa souveraineté alimentaire.
  • Face au loup ou à une urgence sanitaire, un éleveur a besoin de règles rapides et claires, pas d'une autorisation qui arrive trop tard.

Pour le non

  • Les règles sur l'eau, les sols et les animaux protègent des biens communs ; les alléger fait payer la collectivité plus tard.
  • Réduire les contrôles et la consultation du public affaiblit la confiance et favorise les grands élevages au détriment des petites fermes.
  • Le vrai poids vient souvent des prix et de la concurrence étrangère : mieux vaut aider les revenus et protéger l'origine des produits que baisser les garanties.

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