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Question 14 sur 26

Sécurité, justice, immigration

Faut-il présumer qu'un policier qui fait usage de son arme a agi dans son droit ?

Depuis 2017, la loi encadre strictement les tirs des policiers. Une loi votée en juillet 2026 présumerait ces tirs légitimes : protection pour les uns, risque de moins enquêter pour les autres.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le droit actuel Cinq cas de tir depuis 2017

Un policier peut invoquer la légitime défense : répondre à une attaque actuelle, de façon nécessaire et proportionnée. Depuis 2017, un article du code de la sécurité intérieure l'autorise aussi à tirer dans cinq situations précises, par exemple contre un véhicule dont les occupants menacent la vie d'autrui. Le tir doit être absolument nécessaire et strictement proportionné. Si le tir est contesté, des magistrats vérifient ensuite ces conditions.

Source : Le Club des juristes, Ce que changerait la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre (2026) (nouvel onglet)

Le texte adopté Adopté par 313 voix contre 199

Le 7 juillet 2026, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi soutenue par le gouvernement. Le texte initial parlait de légitime défense. La version votée dit que policiers et gendarmes nationaux qui font usage de leur arme sont présumés avoir agi dans un des cas permis par la loi, avec absolue nécessité et stricte proportionnalité. Une preuve contraire peut renverser cette présomption. Les policiers municipaux sont exclus. Le Sénat doit encore examiner le texte.

Source : LCP, L'Assemblée approuve la « présomption d'usage légitime de l'arme » (7 juillet 2026) (nouvel onglet)Banque des Territoires, Légitime défense : les députés retirent les policiers municipaux du dispositif (2026) (nouvel onglet)

Les tirs sur véhicules Pic de 205 tirs en 2017

Entre 2012 et 2022, les refus d'obtempérer ont augmenté : de 19 174 à 25 641 refus simples, de 2 520 à 4 905 refus aggravés. Les tirs de policiers sur des véhicules en mouvement sont passés de 116 en 2012 à 205 en 2017, puis à 140 en 2022, soit moins de 1 % des refus. Une étude de 2022 compte cinq fois plus de morts par ces tirs depuis 2017. Les rapporteurs d'une mission parlementaire rappellent qu'une corrélation ne prouve pas une cause.

Source : LCP, Tirs lors de refus d'obtempérer : la mission d'information (2024) (nouvel onglet)

Les agents exposés 7 399 blessés en 2019

Selon des chiffres du ministère de l'Intérieur cités à l'Assemblée nationale, le nombre de policiers et gendarmes blessés en service est passé de 3 842 en 2004 à 7 399 en 2019, puis à 8 719 en 2020. Les auteurs de la proposition de loi invoquent cette hausse des violences contre les agents, et une insécurité juridique née de la multiplication des poursuites après une intervention.

Source : Assemblée nationale, question écrite n° 5809 au ministre de l'Intérieur (2025) (nouvel onglet)Assemblée nationale, proposition de loi n° 691 et exposé des motifs (2024) (nouvel onglet)

Le cadre européen La France condamnée en 2025

La Convention européenne des droits de l'homme n'admet qu'un recours à la force « absolument nécessaire » quand il peut tuer. Le droit français reprend ce critère. En février 2025, la Cour européenne a condamné la France dans l'affaire Rémi Fraisse, un manifestant tué lors d'une opération de maintien de l'ordre : elle a jugé que les règles d'usage de la force n'étaient ni complètes ni assez précises. Elle n'a relevé aucun défaut dans l'enquête.

Source : Le Club des juristes, Mort de Rémi Fraisse : la CEDH condamne la France (2025) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Un policier qui tire dans le cadre de la loi ne doit pas être soupçonné d'office : la présomption le protège d'une mise en cause automatique après chaque intervention.
  • Les violences contre les policiers et les gendarmes augmentent, et la crainte d'être poursuivis peut les faire hésiter au moment de se défendre.
  • La présomption reste simple : elle tombe à tout moment si une preuve montre que le tir n'était pas justifié, donc le juge garde le dernier mot.

Pour le non

  • Présumer le tir légitime inverse la charge de la preuve : ce sont les proches de la victime qui devraient démontrer qu'il ne l'était pas.
  • Les enquêteurs risquent de traiter le tir comme justifié d'emblée et d'enquêter moins à fond, alors que les premiers jours sont décisifs.
  • La présomption tient à la profession et non aux circonstances, ce qui crée une inégalité devant la loi et peut donner un sentiment d'impunité.

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