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Question 15 sur 26

Sécurité, justice, immigration

Faut-il des peines plus sévères, y compris pour les mineurs ?

La réponse pénale s'est durcie depuis vingt ans, et les prisons n'ont jamais compté autant de détenus. Faut-il aller plus loin, mineurs compris, ou chercher d'autres réponses ?

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Des prisons pleines Prisons remplies à 143 %

Au 1er octobre 2026, la France comptait 90 937 personnes détenues pour 63 452 places. La densité carcérale, le nombre de détenus rapporté aux places, atteint 143,3 %, et 178 % dans les maisons d'arrêt, où l'on attend son jugement ou l'on purge de courtes peines. 8 959 détenus dorment sur un matelas posé au sol, contre 5 894 un an plus tôt. Le nombre de détenus a augmenté de 7,2 % en un an.

Source : 75 secondes, Record historique de 90 937 détenus en France (2026) (nouvel onglet)Le Club des juristes, Surpopulation carcérale : 90 937 détenus au 1er octobre 2026 (2026) (nouvel onglet)

Une justice déjà durcie Prison ferme : +70 %

Fin 2022, la France comptait 73 000 détenus, un niveau jamais atteint, et ce nombre augmente depuis plus de vingt ans. La Cour des comptes constate que la réponse pénale à la délinquance s'est durcie : le nombre d'années de prison ferme prononcées a augmenté de près de 70 % en vingt ans. La Cour estime le coût global de l'incarcération à environ 4 milliards d'euros.

Source : Cour des comptes, Une surpopulation carcérale persistante, une politique d'exécution des peines en question (2023) (nouvel onglet)

Combien coûte la prison 129 € la journée de prison

En 2024, une journée de détention coûtait en moyenne 129 euros par personne, soit environ 47 000 euros par an. Dans les établissements pour mineurs, ce coût monte à 699 euros par jour. Le plan lancé en 2017 pour construire 15 000 places prend du retard : fin septembre 2025, 5 411 places avaient été livrées, selon l'audit de la Cour des comptes rapporté par un centre d'analyse.

Source : Ministère de la Justice, réponse à la question écrite n° 13927, Assemblée nationale (2026) (nouvel onglet)Cour des comptes, Le plan 15 000 places de prison, audit flash (2025) (nouvel onglet)Fondation iFRAP, Construction de prisons : à quand une loi d'exception ? (2026) (nouvel onglet)

Après la prison 63 % récidivent en cinq ans

Près de 63 % des personnes sorties de prison en 2016 ont commis une nouvelle infraction suivie d'une condamnation dans les cinq ans. Sept sorties sur dix se font sans aménagement de fin de peine, et la récidive y est plus fréquente, mais cela ne prouve pas que l'aménagement en soit la cause. Selon la Cour des comptes, le travail d'intérêt général, un travail non payé au service de la collectivité, donne une récidive proche de 60 % à cinq ans, comparable à la prison ferme.

Source : Ministère de la Justice, Sortants de prison en 2016 : 63 % ont commis une nouvelle infraction dans les cinq ans (2024) (nouvel onglet)Ministère de la Justice, Sortants de prison en 2016 et 2017 : récidive stable (2023) (nouvel onglet)Cour des comptes, Évaluation de deux peines alternatives à l'incarcération (2025) (nouvel onglet)

Juger les mineurs 18 mois d'attente avant 2021

Depuis le 30 septembre 2021, le code de la justice pénale des mineurs a remplacé l'ordonnance de 1945. Avant, un jeune attendait en moyenne 18 mois son jugement ; le code impose de juger la culpabilité en trois mois au plus. Une étude du ministère de la Justice (juin 2026) note que le nombre de mineurs détenus a augmenté et que leurs détentions durent plus longtemps. Selon une estimation de la police nationale, les mineurs commettent environ 20 % de la délinquance.

Source : Ministère de la Justice, La réforme de la justice pénale des mineurs entre en vigueur (2021) (nouvel onglet)Ministère de la Justice, Étude sur les évolutions du nombre de mineurs détenus (2026) (nouvel onglet)Sénat, rapport d'information n° 885, Prévenir la délinquance des mineurs, éviter la récidive (2022) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Une peine ferme et rapide protège les victimes et dissuade, surtout face à la petite délinquance du quotidien qui gâche la vie de quartiers entiers.
  • Les mineurs commettent une part importante des vols violents et des violences ; sans réponse ferme, ils se sentent impunis et recommencent.
  • Si les prisons sont pleines, il faut construire des places, plutôt que de laisser dehors des condamnés dangereux.

Pour le non

  • Plus de prison ne fait pas baisser la récidive : une sortie sans accompagnement la favorise, et des cellules surpeuplées rendent la réinsertion presque impossible.
  • Un mineur est encore en construction : l'éducation le sort plus sûrement de la délinquance qu'une cellule.
  • Une journée de détention coûte plus de 129 euros, et bien plus pour un mineur ; cet argent serait mieux employé en prévention, en éducateurs et en peines alternatives.

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