Fiscalité et partage des richesses
Faut-il garder sans condition les baisses de cotisations des entreprises ?
L'État baisse les cotisations que les employeurs paient sur les salaires, pour près de 80 milliards d'euros par an. Les uns y voient un soutien à l'emploi, les autres une aide sans contrepartie.
Qui a voté oui, qui a voté non ?
Depuis octobre 2024, les députés ont voté 14 fois sur des textes qui touchent cette question. Chaque barre montre à quelle fréquence une famille a voté oui, c'est-à-dire pour garder les baisses actuelles. Barre pleine : toujours oui. Barre vide : toujours non.
- Communistes : a voté oui 0 fois sur 2, soit 0 %, peu de votes, à lire avec prudence
- La France insoumise : a voté oui 0 fois sur 12, soit 0 %
- Écologistes : a voté oui 0 fois sur 13, soit 0 %
- Socialistes : a voté oui 1 fois sur 14, soit 7 %
- Centre : a voté oui 13 fois sur 13, soit 100 %
- Droite républicaine : a voté oui 7 fois sur 7, soit 100 %, peu de votes, à lire avec prudence
- Rassemblement national : a voté oui 12 fois sur 13, soit 92 %
- Lire :
- Socialistes a voté oui 1 fois sur 14, soit 7 %.
- Hachuré :
- moins de 10 votes, à lire avec prudence.
- Vous :
- vous avez répondu « Oui ». Les familles qui ont voté comme vous : Centre, LR et RN. vous avez répondu « Plutôt oui ». Les familles qui ont voté comme vous : Centre, LR et RN. vous avez répondu « Plutôt non ». Les familles qui ont voté comme vous : PCF, LFI, Écolos et PS. vous avez répondu « Non ». Les familles qui ont voté comme vous : PCF, LFI, Écolos et PS. vous êtes sans avis. Cette question ne compte pas dans votre place sur la ligne.
Voir les 14 votes
Ces 14 votes se rangent en 3 sujets. Pour chacun, qui a voté oui (garder les baisses actuelles) et qui a voté non, le plus souvent. Ouvrez un sujet pour voir chaque vote.
Réduire ou freiner les allègements · 8 votes Oui : Centre, LR et RN. Non : PCF, LFI, Écolos et PS.
Amendements aux lois de financement de la Sécurité sociale pour 2025 et 2026 : geler le plafond, supprimer l'aide au-delà de 2 Smic ou la réserver à des salaires plus bas, limiter les nouvelles exonérations. Le vote sur la loi de 2025 (scrutin 199) supprimait une réduction des allègements : voter pour, c'est aller dans le sens du oui.
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30 octobre 2024 — Supprimer la réforme qui réduit les allègements de charges patronales sur les bas salaires, afin de ne pas alourdir le coût du travail.
Adopté par 170 voix contre 162. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : LR et RN. Non : PCF, LFI, Écolos et PS. Absents : Centre.
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6 novembre 2025 — Geler en 2026 le plafond de la réduction de cotisations patronales, pour qu'elle cesse d'augmenter automatiquement avec le SMIC.
Rejeté par 63 voix contre 195. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : Écolos et PS. Absents : PCF et LFI.
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6 novembre 2025 — Supprimer les exonérations de cotisations patronales sur les salaires au-delà de 2 SMIC, jugées coûteuses et inefficaces.
Rejeté par 91 voix contre 192. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF et LR.
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6 novembre 2025 — Abaisser à 2,2 SMIC le niveau de salaire où les exonérations de cotisations patronales s'arrêtent, au lieu de 3 SMIC.
Rejeté par 89 voix contre 196. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF.
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6 novembre 2025 — Abaisser à 2,5 SMIC le niveau de salaire où les exonérations de cotisations patronales s'arrêtent, au lieu de 3 SMIC.
Rejeté par 91 voix contre 192. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF.
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6 novembre 2025 — Calculer les seuils d'exonération de cotisations patronales sur le SMIC de 2025, ce qui réduit progressivement ces allègements.
Rejeté par 95 voix contre 166. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF et LR.
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7 novembre 2025 — Plafonner à 6 000 euros l'exonération de cotisations de la prime de partage de la valeur pour les salariés gagnant plus de trois SMIC.
Rejeté par 75 voix contre 117. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : Écolos et PS. Absents : PCF, LFI et LR.
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8 novembre 2025 — Compenser toute nouvelle exonération de cotisations sociales en supprimant une exonération existante du même montant, pour équilibrer les comptes sociaux.
Rejeté par 72 voix contre 143. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : LFI et PS. Absents : PCF, Écolos et LR.
Les saisonniers agricoles · 3 votes Oui : Centre, LR et RN. Non : PCF, LFI, Écolos et PS.
Amendements au budget de la Sécurité sociale pour 2025 sur l'exonération des employeurs de saisonniers agricoles : la supprimer, ou la réserver à ceux qui respectent le repos hebdomadaire. Le scrutin 193 voulait la maintenir au niveau maximal : voter pour, c'est aller dans le sens du oui.
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29 octobre 2024 — Supprimer progressivement l'exonération de cotisations patronales pour l'emploi de saisonniers agricoles, jugée coûteuse et accompagnée de dérogations au repos hebdomadaire.
Rejeté par 53 voix contre 138. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : PS, Centre et RN. Non : LFI et Écolos. Absents : PCF et LR.
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29 octobre 2024 — Maintenir en 2025 l'exonération maximale de cotisations patronales pour les saisonniers agricoles, sans l'effet de la hausse prévue des cotisations.
Adopté par 125 voix contre 54. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF.
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29 octobre 2024 — Réserver l'exonération de cotisations pour saisonniers agricoles aux employeurs qui garantissent un jour de repos par semaine et des conditions de travail dignes.
Adopté par 117 voix contre 100. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et LR. Non : PCF, LFI, Écolos et PS. Absents : RN.
Exiger une contrepartie sur les salaires · 3 votes Oui : Centre, LR et RN. Non : LFI, Écolos et PS.
Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : priver d'allègements ceux dont les minima de branche restent sous le Smic, ou suspendre l'aide s'ils n'augmentent pas les bas salaires. Le scrutin 4593 voulait supprimer le calcul fondé sur ces minima : voter pour, c'est aller dans le sens du oui.
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6 novembre 2025 — Priver d'allègements de cotisations les entreprises dont des minima de branche restent sous le SMIC plus de six mois.
Rejeté par 91 voix contre 134. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF et LR.
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6 novembre 2025 — Suspendre les baisses de cotisations patronales si l'employeur n'augmente pas, au-delà de la loi, les salariés payés au SMIC.
Rejeté par 73 voix contre 146. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et RN. Non : LFI, Écolos et PS. Absents : PCF et LR.
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5 décembre 2025 — Supprimer le calcul des allègements de cotisations selon les minima de branche inférieurs au SMIC.
Rejeté par 121 voix contre 196. Le scrutin (nouvel onglet)
Oui : Centre et LR. Non : LFI, Écolos, PS et RN. Absents : PCF.
Comprendre l'enjeu
Ce que sont ces baisses Jusqu'à 1,6 Smic, puis 3 Smic
Sur chaque salaire, l'employeur paie des cotisations sociales, qui financent la santé, la retraite et les allocations familiales. Pour les salaires proches du Smic (le salaire minimum), l'État les réduit : c'est la réduction générale, née dans les années 1990. Elle s'arrêtait à 1,6 Smic. Depuis le 1er janvier 2026, une réduction unique la remplace : maximale au Smic, elle diminue puis s'annule à 3 Smic.
Source : Previssima, la réduction générale des cotisations patronales en 2026 (2025) (nouvel onglet)Weblex, la réforme des allègements généraux en 2026 (2025) (nouvel onglet)
Ce que ça coûte Près de 80 milliards d'euros
Les allègements sur les salaires inférieurs à 3,5 Smic sont passés de 1,1 point de la richesse nationale (le PIB) en 2004 à 2,8 points en 2022, soit près de 80 milliards d'euros. Ils ont augmenté d'environ 20 milliards entre 2021 et 2023, selon la presse spécialisée à cause des revalorisations successives du Smic. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 a commencé à réduire ces allègements.
Source : LCP, rapport parlementaire sur les exonérations de cotisations patronales (2023) (nouvel onglet)Previssima, la réforme des allègements prévue pour 2025 (2024) (nouvel onglet)
L'effet sur l'emploi Créateur d'emplois, ampleur débattue
Une note du Trésor, publiée en 2012, résume les études existantes : cette politique crée fortement des emplois, même si l'ampleur exacte prête à débat. Son coût brut était alors de 22 milliards d'euros par an, contre près de 80 aujourd'hui. Elle souligne aussi une grande efficacité en termes de coût par emploi créé. Le Trésor ne trouvait alors aucune preuve d'un piège à bas salaires.
L'effet sur les salaires Une hausse de salaire coûte cher
Plus le salaire monte, plus l'allègement baisse. Pour l'employeur, une augmentation coûte donc plus que son montant. En octobre 2024, deux économistes chargés d'une mission par le gouvernement relevaient des taux de prélèvement élevés, un risque de piège à bas salaires et des allègements qui n'incitent ni à la formation ni à la promotion. Leur scénario central ajoutait de 10 000 à 20 000 emplois, avec des effets sur les salaires d'ampleur incertaine.
Source : Previssima, le rapport Bozio-Wasmer sur les exonérations de cotisations (2024) (nouvel onglet)
Hauts salaires et secteurs ciblés Absorbé par les hausses de salaires
Pour les salaires élevés, un rapport parlementaire de 2023 estime que les exonérations sont largement absorbées par des hausses de salaires, sans effet sur l'emploi ni sur la compétitivité. D'autres allègements visent un secteur : celui des saisonniers agricoles, pour des contrats de 119 jours au plus par an, concernait en 2024 près de 73 000 entreprises, soit presque la moitié des employeurs du secteur.
Source : LCP, rapport parlementaire sur les exonérations de cotisations patronales (2023) (nouvel onglet)Previssima, l'exonération pour les saisonniers agricoles (2024) (nouvel onglet)
Pour et contre Ce que disent les deux camps
Pour le oui
- Baisser le coût du travail est l'un des leviers les mieux établis pour créer des emplois, surtout peu qualifiés.
- Réduire les allègements, c'est alourdir le coût du travail et risquer des embauches en moins, surtout dans les petites entreprises.
- Imposer des conditions complique le système, expose à des erreurs de calcul pour les employeurs et à des risques juridiques.
Pour le non
- Près de 80 milliards d'euros par an, sans exigence en retour : mieux vaut les réserver aux entreprises qui augmentent les salaires.
- Au-delà de 2 Smic, ces aides profitent peu à l'emploi et se retrouvent surtout dans les salaires.
- Des allègements très dégressifs découragent les augmentations : réduire leur pente aiderait les salaires à progresser.
Nos sources
- Previssima, la réduction générale des cotisations patronales en 2026 (2025) (nouvel onglet)
- Weblex, la réforme des allègements généraux en 2026 (2025) (nouvel onglet)
- LCP, rapport parlementaire sur les exonérations de cotisations patronales (2023) (nouvel onglet)
- Previssima, la réforme des allègements prévue pour 2025 (2024) (nouvel onglet)
- Direction générale du Trésor, Trésor-Éco n° 97, les allègements sur les bas salaires de 1993 à 2009 (2012) (nouvel onglet)
- Previssima, le rapport Bozio-Wasmer sur les exonérations de cotisations (2024) (nouvel onglet)
- LCP, rapport parlementaire sur les exonérations de cotisations patronales (2023) (nouvel onglet)
- Previssima, l'exonération pour les saisonniers agricoles (2024) (nouvel onglet)
- Les 14 votes : fichier officiel des scrutins de l'Assemblée nationale (nouvel onglet), licence ouverte, XVIIe législature ; chaque vote renvoie à sa page officielle.
- La méthode, une question par sujet et tous les votes qui l'ont concernée, s'inspire du livre Le RN contre les Français (Bon Pote, Payot, 2026), appliqué ici à toutes les familles. Toute la méthode et ses sources.