Aller au contenu principal
Question 3 sur 26

Fiscalité et partage des richesses

Faut-il augmenter les impôts des hauts revenus et baisser ceux des revenus modestes ?

Les 10 % de foyers les plus aisés paient 74 % de l'impôt sur le revenu, et plus de la moitié des foyers n'en paient pas. Chacun juge cet équilibre juste ou non.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le barème Cinq tranches, 0 à 45 %

L'impôt sur le revenu est progressif : plus le revenu monte, plus le taux augmente, mais chaque taux ne s'applique qu'à la part du revenu située dans sa tranche. Pour les revenus de 2025, une personne seule ne paie rien jusqu'à 11 600 euros par an, puis 11 % jusqu'à 29 579 euros, 30 % jusqu'à 84 577 euros, 41 % jusqu'à 181 917 euros et 45 % au-delà. Le nombre de parts du foyer (couple, enfants) divise le revenu avant le calcul.

Source : Service-public.fr, barème de l'impôt sur le revenu (revenus 2025) (nouvel onglet)

Qui paie l'impôt Les 10 % paient 74 %

En 2022, les 10 % de foyers les plus aisés ont payé 74 % de l'impôt sur le revenu, pour environ un tiers des revenus déclarés. En 2024, 54 % des foyers fiscaux, les plus modestes, n'ont payé aucun impôt sur le revenu. Ils paient pourtant d'autres prélèvements, comme la CSG et la CRDS, deux contributions sociales prélevées sur la plupart des revenus. Les chiffres varient un peu selon l'année et la source.

Source : Insee, France, portrait social : le revenu des plus aisés entre 2003 et 2022 (2025) (nouvel onglet)Sénat, rapport sur l'imposition des hauts patrimoines (2026) (nouvel onglet)

La CSG pour tous CSG à 9,2 %, pour tous

La CSG, la contribution sociale généralisée, est prélevée sur les salaires au taux de 9,2 %, auquel s'ajoute la CRDS à 0,5 %. Elle touche aussi les retraites, les allocations chômage et les revenus du patrimoine, avec des taux qui varient. Pour un salaire, le taux ne dépend pas de la tranche de revenu : un foyer non imposable à l'impôt sur le revenu la paie comme les autres. C'est pourquoi les débats sur la fiscalité portent aussi sur elle.

Source : Service-public.fr, CSG et CRDS sur les revenus d'activité (nouvel onglet)

Tout en haut De 46 % à 26 %

L'Institut des politiques publiques a additionné tous les impôts payés par les foyers en 2016, y compris l'impôt sur les sociétés des entreprises qu'ils contrôlent. Le taux global monte avec le revenu, jusqu'à 46 % pour les 0,1 % les plus riches, puis retombe autour de 26 % pour les foyers tout en haut. Selon l'Insee, le taux moyen d'impôt sur le revenu des 0,1 % de foyers les plus aisés est passé de 29,2 % en 2003 à 25,7 % en 2022.

Source : Institut des politiques publiques, « Quels impôts les milliardaires paient-ils ? », note n° 92 (2023) (nouvel onglet)Insee, France, portrait social : le revenu des plus aisés entre 2003 et 2022 (2025) (nouvel onglet)

Une imposition minimale Plancher de 20 % d'impôt

Depuis la loi de finances pour 2025, un foyer dont le revenu de référence dépasse 250 000 euros (500 000 euros pour un couple) doit être imposé à 20 % au moins : si son impôt sur le revenu, contribution exceptionnelle comprise, reste sous ce seuil, il paie la différence. Le dispositif a été reconduit pour 2026. Selon un rapport du Sénat, il devait rapporter 2 milliards d'euros ; l'estimation pour 2025 est tombée à 388 millions.

Source : Direction générale des Finances publiques, la contribution différentielle sur les hauts revenus (nouvel onglet)Service-public.fr, actualité sur les impôts 2026 (nouvel onglet)Sénat, rapport sur l'imposition des hauts patrimoines (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Tout en haut, les revenus paient proportionnellement moins que les autres, car une part vient de bénéfices d'entreprise peu taxés : un impôt plus lourd corrigerait cet écart.
  • Un euro d'impôt de plus pèse moins pour un foyer très aisé que pour un foyer modeste, et alléger les revenus modestes soutient leur pouvoir d'achat.
  • Avec un budget en déficit, demander un effort à ceux qui en ont le plus les moyens évite de réduire les services publics ou de taxer tout le monde.

Pour le non

  • Les 10 % de foyers les plus aisés paient déjà 74 % de l'impôt sur le revenu, et la France prélève plus que la moyenne européenne (45,3 % du PIB contre 40,4 % en 2024).
  • Des taxes sur les plus riches peuvent pousser des contribuables ou des entrepreneurs à partir, et rapportent parfois bien moins que prévu.
  • Mieux vaut réduire la dépense publique et soutenir la croissance que relever les impôts, qui découragent le travail et l'investissement.

Nos sources