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Question 18 sur 26

Institutions et territoires

Faut-il donner plus de moyens et de pouvoirs aux collectivités locales, dont la Corse ?

Les collectivités gèrent écoles, routes et aide sociale, mais dépendent des dotations de l'État. Leur donner plus d'argent et de pouvoirs, la Corse comprise, divise.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Qui fait quoi Trois niveaux, des compétences partagées

La France compte plus de 34 800 communes, auxquelles s'ajoutent les départements et les régions. Les communes gèrent l'urbanisme, le logement et les écoles maternelles et primaires. Les départements s'occupent de l'action sociale (enfance, handicap, personnes âgées, revenu de solidarité active ou RSA), des routes départementales et des collèges. Les régions gèrent le développement économique, les transports hors agglomération, les lycées et la formation professionnelle. Le sport, le tourisme et la culture sont partagés.

Source : Ministère de la Transition écologique, les compétences des collectivités territoriales (nouvel onglet)Weka, le nombre de communes en France, d'après la DGCL (2025) (nouvel onglet)

Les dotations de l'État Dotation gelée, 740 millions retenus

L'État verse chaque année aux collectivités une dotation globale de fonctionnement (DGF). Pour 2026, elle est maintenue au niveau de 2025 : ni augmentée, ni réduite. Le budget 2026 prévoit aussi un prélèvement de 740 millions d'euros, appelé Dilico, sur les régions, les départements et les groupements de communes ; les communes en sont exemptées. Pour 2025, l'effort demandé aux collectivités est de 2,2 milliards d'euros selon le gouvernement, de 5,4 milliards selon la Cour des comptes.

Source : Maire-info, ce que contient finalement le budget 2026 pour les collectivités (2026) (nouvel onglet)Banque des Territoires, comptes publics 2025 et dépenses des collectivités (2026) (nouvel onglet)

Des impôts remplacés 14,8 milliards de taxe foncière remplacés

Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, les collectivités ne perçoivent plus certains impôts locaux. Les départements ont perdu 14,8 milliards d'euros de taxe foncière sur les propriétés bâties, les groupements de communes 7,5 milliards de taxe d'habitation. Ils reçoivent à la place une part du produit national de la TVA, l'impôt sur la consommation. Cette part dépend de l'économie du pays, et non des taux votés localement.

Source : Direction générale des collectivités locales, FAQ sur la suppression de la taxe d'habitation et le nouveau schéma de financement (nouvel onglet)

Les départements sous pression 16 départements sous le seuil d'alerte

Les départements versent le RSA, l'aide aux personnes âgées (APA) et la prestation de compensation du handicap. Selon leur association, ils avancent seuls plus de 23 milliards d'euros d'aides sociales, dont 5 milliards pour le RSA et 4 milliards pour l'APA. La Cour des comptes note une embellie en 2025, mais seize départements ont encore une épargne sous le seuil d'alerte de 7 %, et leurs dépenses sociales continuent d'augmenter.

Source : Cour des comptes, Les finances publiques locales : résultats 2025 et perspectives 2026 (2026) (nouvel onglet)Handicap.fr (AFP), Départements : « La solidarité nationale à notre charge » (2025) (nouvel onglet)

La Corse autonome Adopté en juin, rejeté en octobre

Un projet de réforme de la Constitution reconnaît à la Corse un statut d'autonomie au sein de la République. La collectivité de Corse pourrait adapter des lois et fixer ses propres normes, hors des domaines régaliens, dans des limites que fixerait une loi organique. L'Assemblée nationale l'a adopté le 23 juin 2026, le Sénat l'a rejeté dans la nuit du 26 au 27 octobre. Il faudrait un vote identique des deux chambres, puis les trois cinquièmes du Congrès.

Source : Maire-info, autonomie de la Corse : premier feu vert pour une réforme constitutionnelle (2026) (nouvel onglet)Corse Net Infos, après le rejet du texte au Sénat (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Les élus locaux connaissent le terrain : décider et dépenser au plus près des habitants est plus efficace et plus facile à contrôler.
  • L'État confie aux départements et aux communes des missions, comme le RSA, sans toujours leur donner les moyens de les financer en entier.
  • La Corse a des particularités, île, montagne, langue, que des règles identiques pour tout le pays prennent mal en compte.

Pour le non

  • Les collectivités représentent près de 18 % de la dépense publique : avec un déficit élevé, il est normal qu'elles participent à l'effort.
  • Donner des pouvoirs différents à un territoire risque de rompre l'égalité des citoyens devant la loi et de multiplier les règles locales.
  • Plus d'argent d'État sans réforme ne règle rien : les collectivités doivent d'abord maîtriser leurs propres dépenses.

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