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Question 19 sur 26

Société, libertés, fin de vie

Faut-il autoriser une aide à mourir pour les malades graves et incurables qui la demandent ?

Une loi d'août 2026 crée un droit à l'aide à mourir pour certains malades graves et incurables. Elle divise : liberté de choisir sa fin, ou protection des plus fragiles et priorité aux soins palliatifs.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le droit avant la loi Sédation permise, euthanasie interdite

Jusqu'en 2026, la France interdisait l'euthanasie, où un soignant donne la mort, et le suicide assisté, où le malade prend lui-même un produit mortel. La loi Claeys-Leonetti de 2016 permet seulement aux malades graves et incurables, en phase terminale, de demander une sédation profonde et continue : un sommeil maintenu jusqu'au décès, avec arrêt des traitements. Chacun peut aussi rédiger des directives anticipées, des consignes écrites pour sa fin de vie.

Source : Public Sénat, Fin de vie : où en est la législation française ? (2017) (nouvel onglet)

Les soins palliatifs 380 000 personnes concernées par an

Les soins palliatifs soulagent la douleur et accompagnent les malades graves. En 2025, 647 818 personnes sont mortes en France. La Cour des comptes estimait en 2023 que 60 % des personnes en fin de vie en ont besoin, environ 380 000 par an, et que la moitié seulement y accède. L'offre à l'hôpital a progressé de près de 30 % depuis 2015, mais elle reste lacunaire, voire inexistante, à domicile et en maison de retraite.

Source : Weka, Soins palliatifs : la Cour des comptes appelle à renforcer les moyens hors de l'hôpital (2023) (nouvel onglet)Insee, Les décès en 2025 et en séries longues (2026) (nouvel onglet)

Ce que dit la loi Cinq conditions cumulatives

La loi d'août 2026 ouvre l'aide à mourir à une personne majeure, française ou installée durablement en France, atteinte d'une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale, qui souffre à cause d'elle et peut décider librement. Le médecin répond sous 15 jours ; la personne attend ensuite au moins deux jours avant de confirmer. Elle prend elle-même le produit ; un soignant ne le fait que si elle en est physiquement incapable. Les décrets d'application sont attendus pour 2027.

Source : e-santé, Fin de vie : qui pourra demander une aide à mourir en France ? (2026) (nouvel onglet)Public Sénat, Aide à mourir : pourquoi la loi ne devrait être appliquée qu'en 2027 (2026) (nouvel onglet)

L'avis des juristes Un acte nouveau en droit

En 2024, le Conseil d'État a examiné un projet de loi du gouvernement sur le même sujet. Il a vu dans l'aide à mourir une assistance au suicide et une euthanasie, et un acte dont l'intention est de donner la mort, une première en droit français. Il n'a trouvé aucun obstacle constitutionnel, si les garanties sont strictes. En août 2026, le Conseil constitutionnel a validé la loi votée, avec trois réserves : majeurs protégés, pharmaciens, établissements privés.

Source : Conseil d'État, avis sur un projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et de la fin de vie (2024) (nouvel onglet)Vidal, Aide à mourir : le Conseil constitutionnel valide la loi, avec quelques réserves (2026) (nouvel onglet)

Dans le monde Belgique : presque 4 000 cas

Les Pays-Bas et la Belgique ont légalisé l'euthanasie en 2002 ; le Luxembourg, l'Espagne et le Portugal l'autorisent aussi, et la Suisse tolère l'assistance au suicide. En Belgique, le nombre de cas est passé de 236 en 2003 à près de 4 000 en 2024, dont 106 Français. Aux États-Unis, l'Oregon fut le premier État en 1997 ; douze territoires américains l'autorisaient en 2025.

Source : Le Petit Journal, Euthanasie, suicide assisté : quels sont les pays qui autorisent ces pratiques ? (2025) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Chacun doit pouvoir choisir la fin de sa vie quand la maladie est incurable et que la souffrance ne se soulage plus.
  • La sédation profonde ne répond pas à tous les cas, et des Français vont déjà à l'étranger pour obtenir cette aide.
  • La loi pose des garanties : maladie grave, avis médicaux, délai de réflexion, recours devant le juge en cas de refus.

Pour le non

  • Un soignant ne doit pas donner la mort : l'interdit protège les plus fragiles, malades, âgés ou handicapés, de toute pression, même indirecte.
  • Les soins palliatifs ne sont pas accessibles à tous : sans eux, une demande de mourir peut venir d'un manque de soins.
  • Les garanties sont trop légères : la souffrance peut être jugée insupportable par la personne seule, et le délai de réflexion minimal n'est que de deux jours.

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