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Question 24 sur 26

International, défense, Europe

Faut-il augmenter fortement le budget des armées ?

La France veut porter son budget militaire de 47 milliards d'euros en 2024 à 76 milliards en 2030, avec la guerre en Ukraine pour toile de fond. Les finances publiques sont tendues, d'où le débat.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

La loi en chiffres 36 milliards de plus d'ici 2030

La loi de programmation militaire fixe, pour sept ans, l'argent prévu pour les armées. Sa mise à jour de 2026 ajoute 36 milliards d'euros sur 2026-2030, ce qui porte les ressources de la mission Défense (hors retraites) à 436 milliards d'euros sur 2024-2030. Le budget annuel passerait de 47 milliards d'euros en 2024 à 76 milliards en 2030, soit 2,5 % du PIB, la richesse produite chaque année. Le texte vise aussi à doubler l'effort de défense en 2027 par rapport à 2017.

Source : Assemblée nationale, commission des finances, examen pour avis du projet de loi d'actualisation de la programmation militaire (2026) (nouvel onglet)Public Sénat, l'actualisation de la loi de programmation militaire devant les sénateurs (2026) (nouvel onglet)

Les engagements de l'OTAN 5 % du PIB en 2035

En 2014, les pays de l'OTAN, l'alliance militaire dont la France est membre, ont promis de se rapprocher de 2 % de leur PIB pour la défense. En juin 2025, à La Haye, ils ont visé 5 % d'ici 2035 : au moins 3,5 % pour les besoins militaires, et jusqu'à 1,5 % pour les infrastructures, la cybersécurité ou l'industrie de défense. Un bilan est prévu en 2029. La loi française s'arrête pour l'instant à 2,5 % en 2030.

Source : OTAN, sommet du pays de Galles : les dirigeants s'engagent à inverser la baisse des budgets de défense (2014) (nouvel onglet)OTAN, déclaration du sommet de La Haye (2025) (nouvel onglet)

Ce que l'argent achète 8,5 milliards pour les munitions

La mise à jour ajoute 8,5 milliards d'euros pour les munitions, 2 milliards pour les drones et 4,2 milliards pour l'espace militaire. En revanche, le format des armées ne change pas : 210 000 militaires d'active, 225 avions de combat, 15 frégates de premier rang. L'effort porte donc sur les stocks et les technologies nouvelles, pas sur la taille des armées.

Source : Public Sénat, l'actualisation de la loi de programmation militaire devant les sénateurs (2026) (nouvel onglet)LCP, 36 milliards supplémentaires pour les armées : les députés approuvent l'actualisation (2026) (nouvel onglet)

L'état des finances publiques Dette à 118,5 % du PIB

Selon la Cour des comptes, la dette publique atteindrait environ 118,5 % du PIB fin 2026, et le déficit de 2025 était de 5,1 %. Les intérêts de la dette montent à 77,4 milliards d'euros en 2026 et pourraient approcher 100 milliards en 2029. À titre de comparaison, le budget des armées est d'environ 57 milliards d'euros en 2026. La Cour juge la cible de déficit de 2026, 5 % du PIB, « loin d'être acquise ».

Source : Banque des Territoires, rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques (2026) (nouvel onglet)LCP, vote sur la défense nationale à l'Assemblée : ce qu'il faut retenir (2025) (nouvel onglet)

Une promesse à confirmer Décidé budget par budget

Une loi de programmation fixe des objectifs, mais elle ne lie pas le gouvernement : chaque année, la loi de finances décide des crédits vraiment versés. La trajectoire doit donc être confirmée à chaque budget. Le gouvernement juge l'actualisation soutenable et compatible avec ses engagements européens. Des sénateurs de plusieurs bords s'interrogent sur son effet sur les autres services publics, faute de recettes nouvelles.

Source : Public Sénat, l'actualisation de la loi de programmation militaire devant les sénateurs (2026) (nouvel onglet)Public Sénat, « Cette loi ne nous prépare pas à un choc en 2030 » : le Sénat exprime ses doutes (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Avec une guerre en Europe et des stocks de munitions à reconstituer, mieux vaut s'équiper avant la crise qu'après.
  • La France a pris des engagements auprès de ses alliés de l'OTAN : sans effort de sa part, elle perd en poids et en crédibilité.
  • Les commandes d'armement font travailler des usines et des emplois en France, et réduisent la dépendance aux fournisseurs étrangers.

Pour le non

  • La dette dépasse déjà 118 % du PIB et ses intérêts coûtent plus que les armées : 36 milliards de plus, sans recette nouvelle, se paieront par des économies sur l'école, la santé ou l'écologie.
  • Le texte n'augmente ni le nombre de soldats, ni celui des avions ou des navires, et les budgets votés ne sont pas toujours entièrement dépensés : mieux vaut d'abord réussir à utiliser ce qui est déjà prévu.
  • La sécurité passe aussi par la diplomatie et la prévention des conflits, et une course aux armements peut accroître les tensions au lieu de les calmer.

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