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Question 25 sur 26

Économie et entreprises

Faut-il taxer davantage les petits colis achetés sur les plateformes hors de l'Union européenne ?

Des centaines de millions de petits colis arrivent chaque année de l'étranger, surtout de Chine. Une taxe française de 2 euros a été remplacée en juillet 2026 par un droit européen de 3 euros, et son niveau divise.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Une explosion des colis 775 millions d'articles en 2024

En 2024, 4,6 milliards de petits colis ont été livrés dans l'Union européenne, soit 12 millions par jour. Environ 91 % venaient de Chine. En France, le nombre d'articles contenus dans ces colis est passé de 170 millions en 2022 à 775 millions en 2024. Les plateformes les plus citées sont Shein, Temu et AliExpress. Ces envois sont de faible valeur : moins de 150 euros chacun.

Source : FashionUnited, rapport parlementaire sur les contrôles des produits importés (2025) (nouvel onglet)Banque des Territoires, les colis de moins de 150 euros taxés dès juillet 2026 (2025) (nouvel onglet)

Une exemption de douane Sous 150 euros, pas de douane

Jusqu'au 1er juillet 2026, un colis valant moins de 150 euros entrait dans l'Union européenne sans droits de douane. La TVA (la taxe sur la consommation) était, elle, déjà due. Avec l'explosion des envois, cette exemption a été jugée dépassée : le 12 décembre 2025, les ministres européens des finances ont décidé de la remplacer par un droit fixe, appliqué dès juillet 2026 pour une période de deux ans.

Source : Banque des Territoires, les colis de moins de 150 euros taxés dès juillet 2026 (2025) (nouvel onglet)Ecommerce Nation, le droit de 3 euros de l'Union européenne (2025) (nouvel onglet)

Contrôles et sécurité Moins de 1 % contrôlés

Selon la DGCCRF, le service qui contrôle la sécurité des produits, moins de 1 % des produits manufacturés importés sont contrôlés en France. Lors d'un contrôle des douanes en novembre 2025, huit produits sur dix ne respectaient pas les normes. En mars 2026, le ministère du Commerce annonçait que, sur 700 produits vendus en ligne, notamment par Shein et Temu, 70 % étaient non conformes et 45 % dangereux. Ces chiffres viennent d'échantillons ciblés, pas de tous les colis.

Source : FashionUnited, rapport parlementaire sur les contrôles des produits importés (2025) (nouvel onglet)FashionUnited, petits colis : 70 % des produits contrôlés non conformes (2026) (nouvel onglet)

La taxe française 2 euros par article, mars 2026

Prévue par le budget 2026, une taxe de 2 euros par article a frappé les colis de moins de 150 euros venus de pays hors de l'Union européenne, du 1er mars au 30 juin 2026. Le gouvernement en attendait 400 millions d'euros sur l'année ; selon les douanes, elle a rapporté environ 2,3 millions d'euros par mois. Les plateformes l'ont en partie contournée en passant par des entrepôts de pays voisins.

Source : Banque des Territoires, la France met fin à sa taxe sur les petits colis (2026) (nouvel onglet)LCP, les députés approuvent la taxe de deux euros sur les petits colis (2025) (nouvel onglet)

Le droit européen 3 euros jusqu'en juillet 2028

Depuis le 1er juillet 2026, l'Union européenne applique un droit de douane fixe de 3 euros par catégorie d'article dans les colis de moins de 150 euros : une blouse en soie et deux en laine font deux catégories, soit 6 euros. Ce régime est prévu jusqu'au 1er juillet 2028. L'Union le perçoit et reverse 25 % au pays qui dédouane le colis. La France a alors suspendu sa taxe de 2 euros.

Source : Ecommerce Nation, le droit de 3 euros de l'Union européenne (2025) (nouvel onglet)Banque des Territoires, la France met fin à sa taxe sur les petits colis (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Ces colis entrent sans droits de douane et sans contrôle sérieux, alors que les boutiques et les usines d'ici respectent normes et charges : la taxe rétablit l'égalité.
  • Plus de recettes financeraient des contrôles de sécurité des douanes, alors que moins de 1 % des produits importés sont vérifiés.
  • Des vêtements à quelques euros poussent à la surproduction et au jetable : un prix plus élevé freine ces achats.

Pour le non

  • C'est une taxe sur la consommation des ménages modestes, qui achètent ces produits pour leur prix bas, et le surcoût leur sera répercuté.
  • Au-delà de 2 euros, ce n'est plus une redevance de contrôle mais un droit de douane, domaine de l'Union européenne, et la taxe pourrait être contestée en justice.
  • Les plateformes la contournent déjà par des entrepôts voisins : mieux vaut une règle commune à toute l'Europe et de vrais contrôles qu'une taxe française.

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