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Question 21 sur 26

Société, libertés, fin de vie

Faut-il augmenter le financement de l'audiovisuel public et limiter la concentration des médias privés ?

L'audiovisuel public voit son budget baisser, et quelques propriétaires détiennent une part importante des médias privés. Les uns y voient une garantie de pluralisme, les autres une atteinte à la liberté d'entreprendre.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Ce que finance l'État 4,2 milliards d'euros en 2025

L'État aide les médias de deux façons. Les médias publics (France Télévisions, Radio France, Arte, France Médias Monde) et l'agence de presse AFP reçoivent ensemble plus de 3,8 milliards d'euros en 2025. Depuis la fin de la redevance, ce budget vient d'une part de la TVA. La presse écrite touche 438 millions d'euros, en aides directes et en avantages fiscaux, comme une TVA réduite. Cela fait environ 4,2 milliards d'euros par an.

Source : L'Essentiel de l'Éco, 4,2 milliards d'euros d'aides aux médias : qui en profite ? (2025) (nouvel onglet)Public Sénat, audiovisuel public : le financement par une fraction de TVA (2023) (nouvel onglet)Ministère de la Culture, tableaux des aides à la presse (2025) (nouvel onglet)

Un budget en baisse 65 millions de moins en 2026

En 2024, l'audiovisuel public recevait environ 4 milliards d'euros, dont plus de 63 % pour France Télévisions. Le projet de budget 2026 prévoyait une baisse de 65,3 millions d'euros pour France Télévisions, et une réduction pour Radio France et l'INA. Arte, France Médias Monde et TV5 Monde étaient épargnés. Cette ressource est votée chaque année avec le budget de l'État, ce qui la rend incertaine d'une année sur l'autre.

Source : Public Sénat, le Sénat rejette les crédits de l'audiovisuel public (2023) (nouvel onglet)Sénat, avis budgétaire sur les médias, livre et industries culturelles, projet de budget 2026 (2025) (nouvel onglet)

Le cadre européen Règlement applicable depuis août 2025

Un règlement européen sur la liberté des médias est en vigueur depuis mai 2024 ; la plupart de ses règles s'appliquent depuis le 8 août 2025. Il prévoit des ressources suffisantes, stables et planifiables pour les médias de service public, et renforce la transparence sur la propriété des médias. Les États peuvent aussi évaluer l'effet des grandes fusions sur le pluralisme. Reporters sans frontières relève que la France a plus de six mois de retard pour adapter son droit.

Source : Commission européenne, la loi européenne sur la liberté des médias (nouvel onglet)Reporters sans frontières, concentration des médias en France (2026) (nouvel onglet)

Qui possède les médias 18 grandes fortunes recensées en 2019

En 2019, une carte des médias français recensait 18 grandes fortunes présentes au capital de médias. Une étude de Reporters sans frontières et de l'économiste Julia Cagé, fondée sur des données de 2015-2016, indique que 51 % des médias sont contrôlés par des acteurs de la finance et de l'assurance. Les rachats continuent : fin 2025, le groupe LVMH a acheté Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche.

Source : L'ADN, la carte des milliardaires qui possèdent les médias français (2019) (nouvel onglet)Reporters sans frontières, Qui possède les médias en France ? (nouvel onglet)Reporters sans frontières, concentration des médias en France (2026) (nouvel onglet)

Des règles anciennes Une loi qui date de 1986

Les limites à la concentration datent d'une loi de 1986, que Reporters sans frontières juge « obsolète » sur ce point. Une proposition de loi, examinée par l'Assemblée en février 2026, fixerait un seuil d'influence cumulée pour les propriétaires de médias d'information, sous le contrôle de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel. Le Conseil d'État a estimé qu'une interdiction stricte serait disproportionnée, et qu'aucune étude ne prouve qu'une concentration nuit toujours au pluralisme.

Source : Conseil d'État, avis sur la proposition de loi contre les monopoles dans les médias (2026) (nouvel onglet)Reporters sans frontières, concentration des médias en France (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Une information indépendante est un bien commun : un média public financé par tous dépend moins d'un actionnaire ou de la publicité.
  • Quand quelques propriétaires contrôlent une grande part de l'audience, le pluralisme des opinions est en danger.
  • Les règles de 1986 ne sont plus adaptées, et l'Europe demande déjà de protéger le pluralisme et l'indépendance des médias.

Pour le non

  • L'audiovisuel public coûte plus de 3,8 milliards d'euros et doit, comme le reste de l'État, faire des économies.
  • Plafonner ce qu'un propriétaire peut détenir porte atteinte à la liberté d'entreprendre, et le Conseil d'État lui-même parle d'atteinte disproportionnée.
  • Les médias privés font face à la concurrence des plateformes étrangères : les brider les fragiliserait, sans preuve que la concentration nuit toujours au pluralisme.

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