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Question 8 sur 26

Protection sociale, santé, travail

Faut-il alléger les règles et les cotisations qui encadrent le travail dans les entreprises ?

Temps de travail, accidents, burn-out, seniors : la loi encadre ce que les employeurs doivent. Plus de protection pèse sur les entreprises ; moins de protection pèse sur la santé et la Sécurité sociale.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le temps de travail 38,8 heures par semaine en moyenne

La durée légale du travail est de 35 heures par semaine, au-delà desquelles les heures sont des heures supplémentaires. En pratique, selon l'Insee, les salariés à temps complet travaillaient habituellement 38,8 heures par semaine en 2024. Sur l'année, leur durée effective atteignait 1 661 heures en moyenne. Réduire la durée légale, par exemple à 32 heures, changerait donc le travail de millions de salariés, avec des effets sur les salaires, l'organisation des entreprises et l'emploi.

Source : Insee, Durée du travail (2024) (nouvel onglet)

Les heures supplémentaires 2,2 milliards d'euros de manque

Depuis 2019, les heures supplémentaires sont exonérées de cotisations salariales, et leur revenu est défiscalisé jusqu'à 7 500 € par an. Selon la Cour des comptes, elles représentaient 14,9 milliards d'euros de rémunérations en 2022. L'exonération prive la Sécurité sociale de 2,2 milliards d'euros de recettes par an, sans compensation de l'État. Le nombre d'heures a augmenté de 18,8 % entre 2018 et 2022, surtout chez les cadres.

Source : Cour des comptes, Les niches sociales des compléments de salaire, rapport sur la Sécurité sociale (2024) (nouvel onglet)Culture RH, Tout savoir sur les exonérations des heures supplémentaires (2024) (nouvel onglet)

Accidents et maladies 764 morts en 2024 au travail

En 2024, l'Assurance maladie a compté environ 550 000 accidents du travail (26,4 pour 1 000 salariés du privé), en baisse de 1,1 %. Mais 764 salariés en sont morts, 5 de plus qu'en 2023 ; près de 6 sur 10 à la suite d'un malaise. Les maladies professionnelles ont augmenté de 6,7 % en un an, et les affections psychiques, comme la dépression, ont doublé depuis 2020. Les indemnités versées aux salariés arrêtés approchent 4,9 milliards d'euros par an.

Source : Previssima, Accidents du travail 2024, chiffres de l'Assurance maladie (2025) (nouvel onglet)AG2R La Mondiale, Risques professionnels, rapport 2024 de l'Assurance maladie (2026) (nouvel onglet)

L'emploi des seniors 60,3 % des seniors en emploi

En 2024, 60,3 % des 55-64 ans avaient un emploi en France, contre 65,2 % en moyenne dans l'Union européenne (Insee, Eurostat). L'écart vient des 60-64 ans, dont 42,4 % seulement travaillaient, selon la Dares. Pour pousser les entreprises à agir, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un malus sur les cotisations retraite des entreprises de 300 salariés ou plus sans accord ni plan d'action pour l'emploi des seniors. Son montant sera fixé par décret.

Source : Insee, Emploi et chômage en Europe (2024) (nouvel onglet)Économie Matin, taux d'emploi des seniors en 2024, d'après la Dares (2025) (nouvel onglet)Morgan Lewis, Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (2026) (nouvel onglet)

Saisonniers agricoles Plus de 900 000 contrats exonérés

Les employeurs agricoles qui embauchent des saisonniers sont exonérés de cotisations patronales pour les salaires proches du Smic, dans la limite de 119 jours par salarié et par an. L'étude d'impact citée par la presse comptait plus de 900 000 contrats et 73 000 entreprises concernés. En juillet 2025, un tribunal de Champagne a condamné pour traite d'êtres humains les responsables d'une société de prestation qui logeait une cinquantaine de vendangeurs dans des conditions indignes en 2023.

Source : Previssima, L'exonération patronale TO-DE (2024) (nouvel onglet)Le Monde du Droit, Vendanges de la honte : triple condamnation (2025) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Travailler plus pour gagner plus : les heures supplémentaires sans cotisations augmentent le salaire net, sans que l'employeur ait à augmenter les salaires.
  • Chaque cotisation ou pénalité de plus renchérit le travail et pèse sur l'embauche, surtout dans les petites entreprises.
  • Des secteurs comme l'agriculture ont besoin d'une main-d'œuvre souple et peu chargée, et les abus se sanctionnent déjà devant la justice.

Pour le non

  • Un salarié blessé ou épuisé au travail en paie le prix, et la collectivité avec lui : mieux vaut prévenir que réparer.
  • Les heures supplémentaires sans cotisations coûtent plus de 2 milliards par an à la Sécurité sociale, et profitent surtout aux cadres plutôt qu'aux ouvriers visés au départ.
  • Si les entreprises payaient davantage quand leurs salariés sont tués, blessés ou épuisés, elles auraient plus d'intérêt à prévenir les accidents et à garder leurs seniors.

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