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Question 7 sur 26

Protection sociale, santé, travail

Faut-il renforcer les contrôles et les sanctions contre la fraude aux arrêts maladie et aux allocations ?

Les fraudes aux arrêts maladie et aux allocations coûtent des centaines de millions d'euros par an. Mais suspendre des droits sur simple soupçon inquiète ceux qui craignent de punir des innocents.

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Le coût des arrêts maladie 12,1 milliards d'euros en 2024

En 2024, l'Assurance maladie a versé 12,1 milliards d'euros d'indemnités journalières pour les arrêts maladie : c'est la somme que touche un salarié arrêté par son médecin. Cette dépense a progressé d'environ 7 % en 2024, hors effet du Covid, puis encore de 5 % en 2025. La hausse vient à la fois des salaires, qui augmentent, et du nombre de journées indemnisées. Avec les accidents du travail et la maternité, le total dépasse 21 milliards.

Source : TPE Actu, d'après la Drees et l'Assurance maladie, les arrêts maladie en 2024 (2026) (nouvel onglet)

Ce que les contrôles détectent 628 millions d'euros détectés en 2024

En 2024, l'Assurance maladie a détecté 628 millions d'euros de fraudes, un record. Les fraudes d'assurés aux arrêts de travail sont passées de 17 à 42 millions d'euros en un an, et 60 % des sommes ont été bloquées avant paiement. Les Caf, qui versent les aides aux familles et au logement, ont détecté 450 millions d'euros, soit 20 % de plus, après 1,8 million de contrôles. Cette hausse vient surtout de contrôles plus nombreux et mieux ciblés.

Source : Le Quotidien du médecin, 628 millions d'euros de fraudes à l'Assurance maladie en 2024 (2025) (nouvel onglet)LégiSocial, fraude à l'Assurance maladie et faux arrêts de travail en 2024 (2025) (nouvel onglet)Previssima, fraudes à la Caf en 2024 (2025) (nouvel onglet)

La fraude estimée 13 milliards par an, estimés

Un rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale a estimé en 2024 la fraude sociale à 13 milliards d'euros par an. C'est un « potentiel théorique », pas un montant mesuré. Selon ce rapport, 56 % viennent d'employeurs ou d'indépendants, surtout par le travail non déclaré, 34 % d'assurés et 10 % de professionnels de santé. Environ 2,1 milliards d'euros ont été détectés, dont 600 millions récupérés.

Source : Public Sénat, rapport sur la fraude sociale à 13 milliards d'euros par an (2024) (nouvel onglet)

Les droits non réclamés Un foyer sur trois sans RSA

L'autre face du sujet, ce sont les aides qu'on ne demande pas. La Drees, le service statistique des ministères sociaux, estime qu'en 2018 un tiers (34 %) des foyers éligibles au RSA, l'aide versée aux personnes sans ressources, ne le recevaient pas chaque trimestre faute de l'avoir demandé. Environ 20 % ne l'ont pas demandé pendant au moins trois trimestres de suite. Les sommes non versées sont estimées à 750 millions d'euros par trimestre, sur le champ étudié.

Source : Drees, Mesurer régulièrement le non-recours au RSA et à la prime d'activité (2022) (nouvel onglet)

Ce que dit la loi de 2026 Suspension jusqu'à trois mois

La loi contre les fraudes sociales et fiscales, adoptée au printemps 2026, permet de suspendre des allocations dès qu'il existe des indices sérieux de fraude, avant tout jugement : jusqu'à trois mois pour le chômage, deux mois pour les prestations de la Sécurité sociale. Le Conseil constitutionnel a validé ces suspensions le 18 juin 2026, à condition qu'elles ne privent pas la personne de moyens convenables d'existence ni de la prise en charge des soins essentiels.

Source : Banque des Territoires, le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la loi contre les fraudes (2026) (nouvel onglet)LCP, ce que contient le texte contre les fraudes (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Chaque euro fraudé est pris à ceux qui cotisent : il faut faire respecter la règle pour que le système reste juste.
  • Les contrôles rapportent : les fraudes détectées augmentent chaque année et beaucoup de faux arrêts sont bloqués avant paiement.
  • Suspendre vite, sur indices sérieux, évite de verser des sommes qu'on ne récupère ensuite que rarement.

Pour le non

  • La fraude estimée vient surtout des employeurs, pas des assurés : durcir les contrôles sur les allocataires vise la mauvaise cible.
  • Suspendre des droits sur un simple soupçon peut priver de ressources des personnes qui n'ont rien fait, avant tout jugement.
  • Un foyer sur trois éligible au RSA ne le demande pas : le vrai problème est l'accès aux droits, pas l'abus.

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