Aller au contenu principal
Question 6 sur 26

Protection sociale, santé, travail

Faut-il augmenter les dépenses pour l'hôpital et l'accès aux soins ?

L'hôpital public perd des lits et accumule les déficits, mais la Sécurité sociale a perdu plus de 20 milliards d'euros en 2025. Faut-il dépenser plus pour se soigner, ou d'abord équilibrer les comptes ?

Votre réponse

Répondez d'abord : les votes des familles s'affichent ensuite.

Comprendre l'enjeu

Coût de la santé 333 milliards d'euros en 2024

En 2024, la France a dépensé 333 milliards d'euros pour la santé, soit 11,4 % de la richesse produite dans l'année. L'Assurance maladie et l'État financent 79,4 % des soins et des biens médicaux (consultations, médicaments, hôpital), soit 202 milliards. Les ménages en paient directement 7,8 %, le reste étant couvert par les mutuelles et les assurances. Les soins à l'hôpital représentent à eux seuls 120,7 milliards d'euros, près de la moitié de ces dépenses.

Source : Drees, Les dépenses de santé en 2024, comptes de la santé (édition 2025) (nouvel onglet)

Un déficit croissant 23 milliards de déficit en 2025

Le déficit de la Sécurité sociale est l'écart entre ce qu'elle dépense et ce qu'elle encaisse : il est comblé par de la dette. Selon la Cour des comptes, il est passé de 10,8 milliards d'euros en 2023 à 15,3 en 2024, puis à 23 en 2025. La Cour juge la suite « extrêmement fragile » et estime que les déficits cumulés pourraient dépasser 100 milliards d'euros d'ici 2029. Elle demande une trajectoire crédible de retour à l'équilibre.

Source : Cour des comptes, situation financière de la Sécurité sociale (2025), rapportée par Previssima (nouvel onglet)

L'hôpital sous tension Déficit de 2,7 à 2,9 milliards

Selon la Drees, le service statistique du ministère de la Santé, les hôpitaux publics ont perdu entre 2,7 et 2,9 milliards d'euros en 2024, contre 2,4 milliards en 2023. Le nombre de lits d'hospitalisation complète baisse aussi : 369 400 fin 2023, soit 4 500 de moins en un an et 6 800 de moins en 2022. La Drees y voit à la fois le choix de soigner davantage sans nuit à l'hôpital (le « virage ambulatoire ») et un manque de personnel pour garder les lits ouverts.

Source : Drees, dégradation des comptes financiers des hôpitaux publics (2025) (nouvel onglet)Drees, Les établissements de santé en 2023 (édition 2025) (nouvel onglet)Infirmiers.com, la baisse du nombre de lits à l'hôpital se poursuit (2024), d'après la Drees (nouvel onglet)

Renoncer à se soigner Risque multiplié par huit

En 2017, selon l'enquête de l'Insee, 3,1 % des adultes de France métropolitaine, soit 1,6 million de personnes, ont renoncé à des soins. D'après la Drees, les personnes pauvres renoncent trois fois plus que les autres. Celles qui vivent dans une zone très sous-dotée en médecins généralistes ont un risque plus de huit fois supérieur à celui du reste de la population. Ces chiffres sont anciens, mais ils montrent le lien entre accès aux soins, revenus et lieu de vie.

Source : Drees, Renoncement aux soins : la faible densité médicale est un facteur aggravant pour les personnes pauvres (2021) (nouvel onglet)

Le reste à charge 4,5 milliards de dépassements

Chaque patient garde une part à sa charge : 292 euros par habitant en 2024 pour les soins et biens médicaux, selon la Drees. S'y ajoutent les franchises (1 euro par boîte de médicaments, 2 euros par consultation), plafonnées à 100 euros par an. Les dépassements d'honoraires, c'est-à-dire les tarifs au-delà du prix remboursé, ont atteint 4,5 milliards d'euros en 2024 selon le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. 56 % des médecins spécialistes exercent dans le secteur où ils sont permis.

Source : Drees, Les dépenses de santé en 2024, comptes de la santé (édition 2025) (nouvel onglet)Vidal, rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie sur les dépassements d'honoraires (2025) (nouvel onglet)LCP, les franchises médicales après les annonces du gouvernement (2026) (nouvel onglet)

Pour et contre Ce que disent les deux camps

Pour le oui

  • Les économies sur l'hôpital se paient plus tard : moins de lits et de soignants, ce sont des soins retardés et des malades plus graves.
  • Le reste à charge, les franchises et les dépassements d'honoraires poussent des patients, surtout les plus modestes, à renoncer à se soigner.
  • La santé est un investissement : mieux vaut trouver des recettes nouvelles que laisser l'accès aux soins se dégrader.

Pour le non

  • Un déficit de plus de 20 milliards d'euros par an s'ajoute à la dette, que paieront les générations futures.
  • Ajouter de l'argent sans réorganiser ne règle rien : les lits, les urgences et les abus comptent autant que le budget.
  • La France consacre déjà 11,4 % de sa richesse à la santé : il faut d'abord éviter les dépenses inutiles avant d'en ajouter.

Nos sources